De Robinson Crusoé au nouveau jardin Robinson de Meyrin

Depuis la rentrée scolaire, les jeunes Meyrinoises et Meyrinois profitent d’un nouveau Jardin Robinson. Durant son inauguration, en septembre, le conseiller administratif Pierre-Alain Tschudi a évoqué la création de ce lieu d’une façon poétique. Extraits.

«Pendant près de vingt ans, le Jardin Robinson aura fait des vagues et agité à plusieurs reprises le Conseil municipal. Les passions que suscite cet objet démontrent l’attachement à ce lieu unique qui a vu grandir de très nombreux Meyrinois (…). Il n’a pas été simple de trouver un consensus autour du type de rénovation à apporter. Comment préserver l’esprit d’un terrain d’aventure tout en respectant les normes énergétiques et de sécurité qui ont cours aujourd’hui ?

«Depuis la rentrée scolaire, les jeunes Meyrinoises et Meyrinois qui le souhaitent revivent ici, à travers leurs aventures et leurs activités, une expérience finalement similaire à celle de Robinson Crusoé sur son île et ils peuvent en tirer trois leçons identiques à celle de l’aventurier qui fit rêver tant d’enfants depuis 300 ans. Trois leçons menant à un bien-être qui n’est pas basé sur la possession de biens matériels, tels l’Iphone 7 ou la XBox one, mais sur la simplicité, la liberté et l’altérité. Dans un environnement  tel que celui où nous nous trouvons cet après-midi et  qui va  encore s’embellir avec le développement de la flore et de la faune, il y a tellement de choses merveilleuses à observer, à planter, à construire.

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«Et c’est là que l’on découvre que pour nous épanouir, nous devons vivre en harmonie avec la nature et donc la respecter. Et c’est là que l’on découvre que la nature nous donne tout ce dont nous avons besoin pour notre bien-être et que par conséquent nous ne pouvons pas la traiter en prédateurs si nous voulons que les générations futures puissent également en bénéficier. Et c’est là que l’on découvre que l’on n’a pas toujours besoin d’acheter  plus et de consommer plus pour être heureux. Telle est la première leçon. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui avec Pierre Rahbi: la sobriété heureuse.

«Cette découverte, ce plaisir de vivre dans et avec la nature est également un apprentissage à la débrouillardise.  Robinson Crusoé apprend sur son île progressivement tous les métiers de son époque et développe, au cours des 28 ans qu’il passe sur son île, de très nombreuses compétences qui le rendent vraiment autonome et libre. Ici, au Jardin Robinson, les enfants apprennent à se débrouiller, à devenir progressivement autonome et libre. Telle est la deuxième leçon.

«Mais ils apprennent aussi que la liberté se réalise au travers des autres. Bien que libre et apaisé, reconnaissant d’avoir survécu, Robinson Crusoé souffre sur son île de la solitude. Il n’arrive pas à partager  avec quelqu’un ses découvertes, ses idées et ses réalisations. Et ce n’est que lorsqu’il rencontre Vendredi, quelqu’un de très différent de lui qu’il considère d’abord comme un sauvage, qu’il va se rendre très vite compte de deux choses, d’une part que cet autre, en apparence si différent, vit et ressent plein de choses comme lui, et d’autre part que pour être libre et heureux il a besoin de cet autre. (…)  Ceci est la troisième leçon.»

Pierre-Alain Tschudi, conseiller administratif à Meyrin, le 23 septembre 2017