Un triporteur a semé des graines de projets à Carouge Est

En 2015, la Maison de quartier de Carouge s’est rendue à l’est de la ville sarde avec un triporteur électrique. Cet outil a permis à la population d’exprimer ses préoccupations et de formuler des projets

«Le triporteur a été la tête de pont d’une action d’animation socioculturelle qui est en voie de pérennisation à Carouge Est.» Xavier Gilloz,  animateur socioculturel à la Maison de quartier de Carouge, raconte avec enthousiasme l’opération qui a été menée à partir de 2015 dans ce quartier éloigné de sa base de travail.

Situé entre l’Arve et la route de la Fontenette, l’endroit compte une majorité de logements sociaux et un taux de chômage plus élevé que la moyenne, selon les statistiques du Centre d’analyse territoriale des inégalités. Il est divisé en deux pôles: les immeubles du Val d’Arve d’une part et de l’autre, de toutes nouvelles constructions situées entre la route de Veyrier et le cimetière. «Il y avait à Carouge Est un public qui ne connaissait pas la MQ et donc qui ne bénéficiait pas de nos services», résume Xavier Gilloz.

«La MQ voulait quelque chose de sympathique, d’identifiable.»

En 2013, la célébration des 50 ans de la MQ de Carouge a donné lieu à des actions urbaines, avec notamment la projection de films et du «mapping » sur les immeubles du Val d’Arve. Comment venir ici de façon pérenne ?  «Nous y pensions depuis des années. La MQ voulait quelque chose de sympathique, d’identifiable. Nous nous sommes inspirés de l’expérience de pré en bulle, association du quartier des Grottes, qui utilise beaucoup les triporteurs».

Lancée sur la base d’un état des lieux, l’opération devait être financée. C’est un fonds de la FASe – le FACS -, dédié à ce type de projet dans des quartiers défavorisés, qui a pu être enclenché. Au printemps 2015, une petite équipe constituée de deux animateurs et d’un moniteur a organisé son premier déplacement au Val d’Arve. Le triporteur ? C’est un tricycle électrique doté de panneaux solaires, de tables dépliables et d’une petite sono. «Notre arrivée a tout de suite généré de la participation. Les enfants ont été les premiers à venir. Ils ont été suivis par leurs parents. Notre présence hebdomadaire dans le quartier – deux fois par semaine de 16 heures à 18 heures – a aussi permis d’entrer en contact avec des adolescents.»

Libérer la parole sur la qualité de vie dans de nouveaux immeubles

L’arrivée du triporteur dans le quartier voisin du Val d’Arve a permis de libérer la parole sur la qualité de vie dans ces nouveaux immeubles. «Les petits bâtiments avec jardins qui étaient là avant étaient vétustes, mais il y régnait un esprit fabuleux. Quand nous sommes arrivés aux Tours, il  n’y avait pas de poubelles, pas de bancs. Les habitants étaient déçus de leurs appartements», rapporte Xavier Gilloz. Peu à peu, la venue régulière du triporteur a créé de la confiance, avec par exemple pour nouer le contact du sirop offert et de la chanson française.

Plus largement, l’opération d’animation mobile réalisée à Carouge Est en 2015 et 2016 a permis de faire remonter aux autorités de la commune des remarques et doléances de la part des habitants. En parallèle, l’équipe d’animation, en collaboration avec les TSHM de Carouge, actifs sur place, soutiennent et valorisent les associations du quartier. Des réunions avec les habitants ont fait émerger, entre autre, l’envie des jeunes de créer une place de « street work out » ou le souhait des adultes d’organiser des fêtes de quartier.

Deux semaines d’accueil libre à l’été 2017

La commune s’est en outre engagée à offrir à la population deux semaines d’accueil libre cet été. «Cette action a comme semé des petites graines. Elle a offert aux habitants l’envie de s’investir et de devenir acteurs de leur quartier», image Xavier Gilloz.