Fête des vendanges de Russin: la FASe réduit les risques

Chaque année, des centaines de jeunes participent à la fête populaire organisée à Russin. Une équipe de TSHM est présente et permet de limiter certains excès grâce à un travail de fond   

Ce sont deux jours de fête centrés autour des vendanges, qui chaque mois de septembre attirent – notamment – des centaines de jeunes à Russin. L’évènement, qui offre aux habitants du Mandement un point de ralliement, peut aussi donner lieu à des débordements. C’est pour prévenir une consommation excessive d’alcool et des comportements à risques chez les jeunes que les organisateurs de ces agapes font appel depuis 2008 à la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASe). Chaque année, elle dépêche une équipe de 4 travailleurs sociaux hors murs (TSHM) déjà actifs dans cette région dans le cadre du BUPP (pour Bus unité prévention parc). «Les jeunes sont contents qu’il puisse y avoir auprès d’eux un adulte bienveillant, qui en l’occurrence n’est ni de la police, ni de la sécurité», indique Nihed Tilouche, TSHM qui a déjà officié 8 fois à la Fête des vendanges.

En début de soirée, l’équipe TSHM, qui arbore des T-shirts rouges siglés BUPP, fait le tour des stands. «Nous nous baladons et échangeons des regards avec les jeunes. On discute et on leur demande notamment de ne pas abuser d’alcool. Plus tard, quand la fête a bien commencé, qu’il y a des gens vraiment éméchés ou que les esprits s’échauffent, nous passons à la médiation». Nihed Tilouche estime qu’en 2016, il connaissait entre 50 et 60 jeunes présents à Russin.

«Ils désamorcent énormément de petites tensions»

Tensions, début de bagarres, jeunes en danger du fait d’une alcoolisation massive : dans ces situations, le travail de contact et de proximité développé toute l’année dans la région de la Champagne par les TSHM porte ses fruits. «Leur action est bien perçue car ils désamorcent énormément de petites tensions. Ils savent parler aux jeunes», décrit Guy Musy, coordinateur de région à la FASe. Des actions du même type ont lieu ailleurs dans le canton, par exemple à la vogue de Veyrier ou durant des concerts à Corsier, souligne-t-il.

Ramener des jeunes chez eux pour prévenir des accidents

Ayant par le passé observé des jeunes évanouis dans des champs, ou en passe de reprendre la route complètement ivres, les TSHM peuvent ramener des jeunes majeurs chez eux avec le bus du BUPP.  En 2016, les TSHM ont ainsi reconduit une vingtaine de personnes à leur domicile, dont une moitié étaient des filles. «Je vais vers une jeune que je connais et je lui dis: tu as trop bu, je te ramène, donne-moi tes clefs. Si la personne obtempère, on y va», raconte Nihed. En cas de bagarre, les TSHM ont pour consigne d’appeler le service de sécurité ou la police.

Après la fête, les TSHM n’hésitent pas à reprendre les situations avec les garçons et les filles qui se seraient saoulés ou battus. «C’est l’occasion pour eux de prendre conscience des risques encourus», précise Nihed.

Aménager les lieux de fête

La présence de la FASe à Russin, qui travaille d’habitude conjointement avec le collectif Nuit blanche et la FEGPA, au sein d’un dispositif global qui inclut notamment la police et les CFF, a aussi permis d’ajuster certains points. Sur proposition des TSHM, la Tente des jeunes, qui accueille un bar et une disco, a été installée en bordure de village afin de limiter les nuisances. L’arrêt du Noctambus a aussi rejoint ce point stratégique de la fête, indique Nihed Tilouche. Selon lui, l’encadrement général apporté à cette population a permis de limiter sensiblement les débordements à Russin. «Cette action a été montée de façon pragmatique. Elle pourrait être modélisée et étendue à d’autres lieux», conclut Guy Musy.