Participation au dispositif de prévention des radicalisations

Une plateforme cantonale apporte des réponses préventives aux phénomènes de radicalisations. Une ligne téléphonique tout public est officiellement lancée depuis le 5 décembre dernier et vient compléter le dispositif.

La mise en ligne d’une ligne téléphonique dédiée à des questions du public sur la radicalisation politique ou religieuse a été annoncée dans les médias le 5 décembre. Ce service, atteignable en tout temps au 0800 900 777 sera assuré par des bénévoles de La Main tendue formés à cet effet.  Il s’agit d’offrir aux parents, aux pairs ou aux professionnels une ligne d’écoute et de soutien. L’anonymat des appelants est garanti. La ligne redirigea si nécessaire les personnes vers le Centre d’information sur les croyances (CIC), qui s’est récemment adjoint les services d’une spécialiste des questions de radicalisation.

Cette offre pratique constitue l’un des éléments de la stratégie genevoise pour lutter contre les phénomènes de radicalisation. Ce travail est mené depuis une année dans le cadre de la plateforme «Gardez le lien», à laquelle participe le Bureau de l’intégration des étrangers, la Brigade des mineurs, le Département de l’instruction publique, l’Hospice général et la FASe.

La plateforme offre également des formations aux professionnels de l’enseignement, de l’éducation et du social. Plusieurs sont programmées en 2017. La FASe a contribué à cet effort en organisant en février 2016 une journée de formation spécifique qui a réuni 130 professionnels de l’animation socioculturelle.

Suivi social intensif

Parallèlement, la question de l’accueil de personnes de retour d’une zone de combat puis d’une période d’incarcération pour des actes pénaux répréhensibles se pose avec acuité. Deux Genevois sont dans cette situation à ce jour. L’option retenue à Genève est de mettre en place un suivi social intensif en milieu ouvert dès leur sortie de prison, si ceci s’avère pertinent. Ce suivi fonctionnera en parallèle aux mesures de substitution prévues sur le plan pénal.

L’approche retenue s’inspire d’expériences menées au Danemark et en Allemagne. La FASe est appelée à jouer un rôle dans ce dispositif, compte tenu de l’expérience de l’Unité d’assistance personnelle (UAP), créée sur mandat du canton en 2008.

Un travail de prévention de fond contre la rupture sociale

Les questions de radicalisation et les moyens de la prévenir font de facto partie du travail mené au quotidien par la FASe. Avec quarante-sept centres et treize équipes de travail social hors murs répartis sur le territoire genevois, la fondation est en contact quotidien avec la population. Les professionnels apportent aux habitant-e-s des quartiers des moyens pour développer des activités solidaires et sont à l’écoute des problématiques rencontrées. Ils offrent un soutien pour prévenir ou limiter divers maux, à commencer par l’isolement ou la rupture sociale.

Cette présence fonctionne aussi comme une forme d’observatoire des désinsertions. Quand des problématiques particulières se révèlent dans un quartier ou des communes, les travailleurs sociaux de la FASe peuvent s’appuyer sur les liens forgés avec la population et les institutions pour proposer des solutions.

Ainsi, la création de cette ligne téléphonique et l’action de prévention des radicalisations représentent le sommet visible d’une pyramide dont la base est large. Elle est constituée par les missions fondamentales de la FASe.