Cohésion urbaine: un fond pour des projets innovants

La FASe s’est dotée d’un fonds pour financer des projets originaux en faveur du mieux vivre ensemble dans des quartiers défavorisés

Comment appuyer des projets innovants destinés à renforcer la cohésion sociale dans des quartiers défavorisés? C’est l’objectif du Fonds d’appui à la cohésion sociale (FACS). Lancé en 2013 par le conseil de la Fondation pour l’animation socioculturelle (FASe), il a été doté de 800’000 francs.

Destinées à des quartiers issus de communes éligibles à la politique genevoise de cohésion sociale*, les aides sont attribuées sur préavis d’une commission regroupant des partenaires de la FASe. Depuis 2014, le FACS a permis de soutenir une quinzaine de projets, avec des montants allant entre 3700 francs et 130’000 francs, pour une durée maximale de 3 ans. Près de 700’000 francs ont déjà été alloués.

Un fitness en plein air pour jeunes et aînés

Exemple de projet aidé,  Izi-Fitness, une action développée par des jeunes de Lancy avec l’appui de travailleurs sociaux hors murs du Bus unité prévention parcs (BUPP). Lancée en 2015 en lien avec l’EMS des Mouilles, elle a permis la création d’installations de fitness de plein air pour jeunes et aînés à proximité de ce home. Un montant de 31’000 francs a été accordé pour les aménagements du parc et la participation à des salaires de moniteurs, notamment. L’opération a permis de favoriser des rencontres entre générations. Elle a abouti à une gestion de l’espace public à la fois ludique et respectueuse. L’EMS des Mouilles a d’ailleurs été primé pour ce projet, qui a été reconduit en 2016.

Des charrettes pour aller à la rencontre des habitants

Les projets aidés sont le fruit de la réflexion des centres de la FASe (maisons de quartiers, jardins Robinson, etc.) et d’équipes de travailleurs sociaux hors murs. Sur les 18 actions aidées à ce jour, 5 ont eu pour but d’aller à la rencontre des populations dans des quartiers qui ne sont pas suffisamment touchés par les activités des centres. Cela a été le cas à Carouge Est (entre l’Arve et la Moraine de Pinchat). La Maison de quartier de Carouge a proposé dans ce lieu des animations mobiles. Des moyens itinérants ont été mis en œuvre dans plusieurs communes, c’est le cas par exemple de la charrette du Centre de rencontres Le Rado à Versoix.

D’autres actions visent à valoriser l’insertion de jeunes en situation de rupture en leur proposant des petits-jobs dans le cadre d’activités utiles à la population. Une patinoire en plein air a ainsi été proposée aux Palettes durant l’hiver 2014-15. Grâce à «Des Marches à Venir», projet développé en 2016 par l’équipe des TSHM des Trois-Chêne, d’autres jeunes adultes en difficulté ont pu s’essayer à diverses activités d’insertion, regagnant ainsi estime et confiance en eux.

Projet transfrontalier

Le FACS a aussi soutenu un projet transfrontalier développé en vue de l’extension des liaisons des transports publics (CEVA et trams) entre Genève et la France. L’association pré en bulle, basée aux Grottes, a notamment participé à une série d’entretiens menés avec des habitants de ce quartier et de la commune frontalière d’Ambilly. Ce travail communautaire et culturel, accessible en ligne, continue sa route à travers un nouveau projet réalisé  sous l’égide de la Maison de quartier des Eaux-Vives.

Pérenniser ces soutiens

La possibilité d’un financement – partiel ou entier – du FACS sur trois ans donne en outre le temps aux projets de faire leurs preuves. C’est une façon pour ses initiateurs et les communes concernées d’envisager des sources de financement pérennes. L’ambition de la FASe est de reconduire un nouveau FACS pour le contrat de prestations 2017-2020.

* Les communes et quartiers éligibles à la politique de cohésion sociale sont désignés selon des indicateurs issus de l’étude statistique CATI-GE.