Animation

L’animation socioculturelle construit l’avenir à partir d’actions au présent. Bien implantée sur le canton à travers l’action des centres et des équipes hors murs, soutenue par des choix politiques, elle est au service des populations.

Dans un texte de formateurs en travail social, le noyau dur de l’animation est défini autour de cinq éléments qui, combinés, la définissent et la distinguent d’autres formes d’intervention sociale. Ce sont la libre adhésion, la participation, la valorisation, le changement social et la solidarité au sein d’une communauté diversifiée.

La libre adhésion permet un investissement libre de jeunes et de moins jeunes, d’individus et de groupes, dans l’action. Ils en sont les acteurs et peuvent se positionner comme des citoyens à part entière. Ils ne sont ni bénéficiaires ni simples « usagers » de prestations : ils adhèrent en toute liberté et en toute conscience aux actions proposées.

À travers la participation, toute activité ou action est construite avec les individus et les groupes qui le souhaitent. Il ne peut y avoir d’obligation ou de contraintes : la participation ne se décrète pas, mais elle se construit patiemment pour favoriser l’engagement dans l’action ou le projet. L’accroissement de l’autonomie individuelle et collective est une finalité essentielle de l’animation socioculturelle.

La valorisation de la culture et des compétences, que ce soit de l’enfant, du jeune ou de l’adulte, est une condition nécessaire à l’épanouissement de chacun dans une société. Nous pouvons revendiquer une place et nous sentir appartenir à un territoire quand nous avons une assise reconnue et valorisée qui nous permet de nous exprimer et d’agir.

Libre adhésion, participation et valorisation sont les principaux leviers sur lesquels s’appuie l’animation socioculturelle. Ils sont les éléments structurant qui vont favoriser une possibilité de changement social et un mieux vivre ensemble.

Maximiser les interactions positives et participatives entre des individus et des groupes, à travers les projets et les actions, offre un gain important et produit de la cohésion sociale: l’intégration des différences devient possible.

C’est bien un changement social qui est visé, permettant aux minorités discriminées, défavorisées ou précarisées, de trouver leur place au sein de la société. Créer les conditions d’un passage d’une logique de résignation à une logique de proposition et d’innovation est un des fondements et une cible de l’animation. C’est ici une approche préventive large, sociétale, qui est à l’œuvre dans la perspective de lutter contre la désaffiliation sociale et la marginalisation.

En privilégiant les interactions auprès de tous les publics, l’animation favorise la rencontre et l’échange au delà des questions culturelles, de genre, d’âge et de statuts sociaux. La recherche d’une compréhension mutuelle et la mise en évidence de la complémentarité de chacun sont l’essence de l’animation socioculturelle, dans la perspective de favoriser l’émergence de nouvelles solidarités, transcendant les différences.

C’est évidemment la qualité du lien social qui est au centre de l’attention. Sans jugement mais avec un regard critique, les formes de pression contemporaines sont nombreuses et laissent beaucoup de personnes au bord du chemin, notamment des jeunes qui peinent à trouver leur voie. En intervenant par le lien, en offrant des possibilités de participation et d’épanouissement, en valorisant des compétences, en étant présente dans les quartiers, l’animation socioculturelle favorise le développement de réseaux de solidarité et l’ancrage de tous dans la vie sociale.

Les équipes des centres, leurs comités et les équipes hors murs sont fortement attachées aux valeurs promues par l’animation. Les actions menées sont complémentaires et poursuivent toutes des finalités communes: permettre aux enfants de s’affirmer et de grandir, aux adolescents de s’épanouir, aux jeunes de se réaliser et de s’insérer dans un projet, aux adultes de partager et d’échanger sur ce qui fait sens pour eux.