Coïncidant avec la fin des mesures liées à la pandémie, Genève a vu réapparaître des phénomènes de violence entre bandes rivales, à partir de mai et montant en intensité au cours de l’automne. Ces affrontements se caractérisent par des logiques de territoire, quartier contre quartier, et des armes blanches sont très souvent présentes. Ils peuvent être réguliers ou ponctuels, et se distinguent par un niveau de violence qui met en forte vigilance les équipes, que ce soit en hors murs ou en centres. L’âge des protagonistes pose également question: ces derniers ont souvent entre 12 et 15 ans, soit un âge auquel il a manqué quelques étapes de socialisation suite aux mesures Covid, mais qui par ailleurs maîtrisent parfaitement la mobilisation via les réseaux sociaux. LA PRÉVENTION AVANT TOUT Dans le cadre du protocole de collaboration et d’intervention entre la Fondation, la police cantonale et le Service de la jeunesse de la Ville de Genève, un accent est mis sur les efforts de prévention conjoints. Ces efforts sont avant tout centrés sur une approche de prévention universelle et indiquée, directement auprès des jeunes et bien souvent dans un cadre scolaire, mais également en réduction des risques lorsque des informations sur l’organisation d’une bagarre à venir sont connues. Les informations transitent alors entre les organisations concernées dans un souci partagé de prévenir le pire, chacune prenant la responsabilité d’intervenir dans le cadre de ses compétences et prérogatives. De nombreuses tentatives d’affrontements sont dès lors désamorcées par une intervention adéquate. Un important travail est également réalisé en aval, par suite d’interpellations policières ou simplement pour favoriser le retour à un certain calme des jeunes des quartiers. Que ce soit à travers des contacts soutenus, des médiations ou même des marches accompagnées d’un quartier à l’autre, le travail de terrain, la connaissance fine des populations et l’ancrage local des équipes contribuent largement à renouer des liens exacerbés et éviter « les matchs retours ». Ces bagarres ne sont en effet pas sans conséquences – en termes pénaux et civils – pour les acteurs concernés, éléments qu’il est nécessaire de rappeler en tout temps : un coup porté à la tête d’une personne au sol est pénalement une tentative de meurtre, le risque de séquelles pour une victime est évidemment important et une condamnation pénale engendre de fortes dettes. CONSIDÉRATION INTERPERSONNELLE Les structures d’animation socioculturelle font, dans toutes ces situations, un patient travail de construction de liens positifs, mettant en valeur la nécessaire considération interpersonnelle au détriment de l’affrontement stérile. Dans ce rapport annuel, nous retrouvons un exemple d’action qui illustre parfaitement ce que l’animation sait faire. Ainsi, le projet Street Youth League, présenté en pages 24-25, favorise le degré de connaissance entre jeunes issus de différents quartiers par l’organisation de matchs de foot, privilégiant de ce fait une démarche constructive. Le succès de cette initiative en 2022 est tel que ce projet sera étendu en 2023 – avec l’appui financier du Canton. Dans le même registre, les actions conjointes de prévention dans le cadre scolaire vont s’intensifier, en particulier au niveau du cycle d’orientation. En outre, une journée de formation «Regards croisés» avec la Brigade des mineurs, le Tribunal des mineurs et la police de proximité est agendée en avril 2023. Le travail de prévention ne s’arrête jamais et demeure essentiel pour éviter des conséquences qui peuvent être dramatiques. VIOLENCES INTER-QUARTIERS Plusieurs bagarres d’ampleur entre bandes auront marqué le territoire genevois en 2022. Elles mettent en relief l’importance du travail de prévention et la valeur de la réduction des risques. Fête d’Halloween avec l’équipe d’animation qui joue le jeu à fond. TSHM BUPP Confignon-Bernex 32 RAPPORT ANNUEL 2022, ANALYSE
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